MANIFESTATION VITICOLE DU 4 JUIN : ISABELLE CHESA SERA PRESENTE AUX COTES DES VITICULTEURS A CARCASSONNE

Pendant ma campagne des Législatives, j’ai fais de la viticulture une priorité pour notre département.

Au dela de l’aspect économique, il y a les hommes qui au quotidien, se batent pour sauver leur bien, sauver leur terre.

Le suffrage universel ne m’a pas permis d’être élue: Ce n’est pas pour autan que j’oublie mes engagements et ma passion pour ma terre d’Aude.

Je serais présente au coté des viticulteurs ce 4 Juin à Carcassonne

Visite d’une cave particulière pour les dernières vendanges

Vous trouverez ci dessous le texte de la conférence de presse que j’avais donnée le 6 avril 2007 sur le thème de la viticulture

Conférence de presse Viticulture du Vendredi 6 avril 2007

Il m’est apparu important de débuter ce cycle sur le thème de la viticulture, référence de notre identité culturelle, et qui avec le tourisme me semble être les vecteurs évidents de nos possibilités de développement. Pour la région Languedoc Roussillon et pour l’Aude en particulier, la vigne constitue l’élément fondamental de son patrimoine de sa culture et de son économie. Les premiers ceps de vignes ont été plantés dans le Minervois au premier siècle de notre ère. C’est donc un élément clé de notre civilisation méditerranéenne. Le vin est un élément majeur du rayonnement culturel français La vigne constitue un facteur essentiel d’aménagement du territoire. Elle pousse sur des sols qui n’offrent pas forcément d’autres alternatives culturales. Mais il ne faut pas oublier que derrière cette activité, il y a des hommes qui de génération en génération s’épuisent à exercer le métier de vigneron sans être récompensés correctement du fruit de leur travail.

Quelques chiffres

AU PLAN NATIONAL 53 millions Hls 450 appellations AOC 15 bassins de productions Plus de 140000 exploitations 1400 entreprises de Négoce 850 caves coopératives La vigne fait vivre dans 80 départements 180 000 personnes sur les vignobles et 50 000 en aval de la filière. elle représente aujourd’hui 12% de la production agricole, Le vin est le 5ème produit exporté, mais ne représente plus que 18% de la part de marché mondiale contre 29% en 1990. –11% On a qualifié cette crise de conjoncturelle: – Surproduction et excédent – Parts de marché divisé par 2 au Danemark par ex en 10 ans – A l’opposée augmentation des parts de marché pour les vins chiliens Argentins etc. Mais aussi au niveau mondial le vin français ne parvient pas à attirer une clientèle jeune non experte.

Il éprouve de grande difficulté à s’exporter car il souffre d’un manque de Marketing Cette crise il faut bien le reconnaître aujourd’hui est devenue structurelle et l’ensemble de la profession le reconnaît.


DANS L’AUDE:

Comment cela se traduit-il ? 70% des quantités produites dans l’Aude sont vendues en vrac. En 3 ans de 2003 à 2006( 3 campagnes) le chiffre d’affaire de ses ventes à chuté de façon importante – 31% Pour la campagne 2006-2007 Celle-ci a mal démarré, les prix sont toujours très bas et cette tendance ne semble pas s’inverser. Les stocks sont les mêmes que l’année précédente donc pas d’amélioration de la trésorerie. Même niveau de récolte globalement. Marché toujours très concurrentiel. Arrachages non réalissé car attente d’une augmentation de la PAD (Prime d’abandon définitif) Cette situation préoccupante ne peut plus durer. Sur le plan politique, Il faut être déterminé à ce que la sortie de crise soit rapide et durable. La diversité du vignoble français appelle une diversité de réponses. Les efforts faits par les professionnels du Languedoc pour redresser la filière en améliorant la qualité des productions, en éliminant les vins de moindre qualité ne doivent pas rester sans suite. Il y a de la place pour tous les professionnels et amoureux du vin : notamment les petits producteurs qu’il faut encourager, mais il faut raisonner aussi selon une logique de marque.(lisibilité de l’offre Française : 450 AOC 180 VDP) Il faut respecter le rôle des professionnels en reconnaissant que ce n’est pas aux pouvoirs publics de régler à eux seuls les problèmes de la viticulture J’ai assisté le 16 mars à l’AG des caves particulières, le 21 mars à l’AG du cru Minervois et le 27 mars à l’AG des Vignerons coopérateurs Audois et au cours de ces trois réunions j’ai pu constater, la lucidité et la pertinence des analyses, tant sur le plan du constat de la situation que sur le plan des propositions faites aux exploitants pour sortir de la crise. L’Etat et l’Union européenne doivent en revanche donner aux professionnels les moyens d’accompagner les changements qu’ils doivent impulser, par des moyens financiers et des réglementations adaptées à leurs besoins. Quand à la stratégie c’est au professionnels de la définir mais elle doit reposer sur les piliers suivants.

1) Meilleurs positionnements sur les marchés mondiaux et une reconquête à la fois hors et dans l’union européenne afin de tirer pleinement partie de la mondialisation.

2) Une défense du savoir-faire de l’excellence française

3) Une restructuration de la production française au plus près des problématiques des bassins régionaux avec un accompagnement social conséquent.

La reforme de l’OCM vitivinicole.

Proposée par le commissaire européen Mariann Fisher Boel, mais aussitôt contestée par le Parlement européen, la réforme de l’OCM (ensemble des éléments de régulation du marché des vins en Europe), comporte 6 volets. – Politique d’arrachage Massif sur 5 ans, avec la fin d’interdiction des plantations nouvelles en 2010. – Abolition de toutes les mesures de marché (distillations stockage, enrichissements, jus de raisin.) – Alignements des pratiques œnologiques sur les règles internationales de l’OIV avec autorisation de vinifier des moûts importés de pays tiers. – Une enveloppe nationale à disposition de chaque Etat membre lui permettant d’accéder au financement de mesures dans un menu au choix(gestion de crise, fond assurance, reconversion du vignoble – L’alignement des cadres réglementaires des signes de qualité et des indications géographiques. (Etiquetage) – une partie des budgets de l’OCM serait destinée à la promotion du vin dans des pays tiers.

Quelles sont nos positions par rapport à la réforme de l’OCM? Vouloir réformer l’OCM est une bonne chose. La commission formule des propositions intéressantes comme la simplification de l’étiquetage. Mais la commission propose aussi une thérapie de choc, avec l’arrachage massif de 400000 hectares en Europe sur 5 ans. Notre conviction est que ce n’est pas ainsi que l’on redressera la filière. Il ne faut pas se tromper de cible, l’objectif c’est la reconquête des parts de marché que nous avons perdues, pas la fatalité devant le déclin de nos positions. L’arrachage volontaire peut être utile de la façon dont il a été utilisé chez nous en Languedoc Roussillon pour améliorer la qualité du vignoble, mais aussi pour conforter les départs à la retraite des viticulteurs âgés. Un arrachage sans discernement, obligatoire comme le propose la commission alors que la consommation de vin augmente dans le monde n’a aucun sens. Arracher doit permettre de tirer la filière vers le haut et non vers le bas, pas plus cela ne doit organiser la « délocalisation » de la filière vin. Le secteur du vin a besoin de régulation.. Libéraliser à terme les droits à plantation, est incohérent avec l’objectif poursuivi par l’arrachage obligatoire. Encadrer la replantation n’est ce pas réguler et empêcher la surproduction. Interdire la distillation sous le prétexte qu’elle coûte cher n’a pas plus de sens. Elle apporte des solutions partielles pour les producteurs et permet de réguler le marché. Mais il est impensable, impossible d’imaginer accepter la possibilité de vinifier des moûts en provenance des pays tiers. (Ex de l’huile d’olive) Il est important d’améliorer la protection des mentions et produits d’origine.

NOS PROPOSITIONS

Il faut engager un plan de relance du vin français sur 5 ans permettant la reconquête des parts de marché perdues et accompagner aussi les viticulteurs les plus fragiles. Nous devons nous inspirer des méthodes employées par les pays même qui gagnent des parts de marché en allant chercher les consommateurs. Ces pays développent des Marques il faut en faire autan. Il faut réfléchir d’aller plus loin dans l’adaptation des règles de production pour l’export. Il n’y a aucune raison en effet de refuser de nouvelles pratiques œnologiques si c’est pour aller chercher les consommateurs des pays étrangers, pourquoi nous priverions-nous des recettes qu’ils emploient avec succès pour redresser la filière. Rien ne nous empêche dans le même temps de maintenir une production de haute qualité identifiée comme étant le vin français de « référence ». Il n’y a pas à craindre une mise à bas de nos traditions. Il faut lutter contre les importations de vins de « mauvaise qualité  » Les vins français doivent respecter des normes strictes de production par exemple en matières phytosanitaires, que d’autre pays ne s’imposent pas. Il faut faire davantage de contrôles aux frontières et imposer la préférence communautaire pour nos produits. Il faut se battre pour promouvoir un meilleur partage de la valeur ajoutée. C’est avec des producteurs organisés et une production maîtrisées que l’amont de la filière pourra retrouver une position de force par rapport à l’aval. C’est aussi en développant des marques. Il faut reconnaître que, quand le gouvernement ROCARD II a promulgué le 10 janvier 1991 la loi EVIN, il aurait été mieux inspiré de ne pas faire l’amalgame alcool, drogue vin, en interdisant purement et simplement toute forme de publicité sur un produit pour lequel, tous les scientifiques sérieux et compétents reconnaissent les bienfaits du vin sur la santé. Lisez le livre de Guy CARO « de l’alcoolisme au savoir boire » et vous comprendrez que le puritanisme excessif dont ont fait preuve à l’époque les responsables de santé publique ne se justifie pas totalement. Il n’y a aucune raison que le vin soit diabolisé, tant de pays ont utilisé nos études et réalisé les leurs, pour promouvoir la consommation du vin sauf nous; C’est ce que les Anglo-saxons ont baptisé  » French Paradoxe » en se moquant de nous voir utiliser notre intelligence à nos dépends. Il faut trouver un meilleur équilibre en matière de publicité et de communication sur le vin, en poursuivant à la fois l’objectif de santé publique et une approche positive du vin. Et cette attitude n’est pas neutre. Des centaines d’emplois en dépendent et d’autres peuvent être créés. Il faut compléter ces dispositifs par des mesures de développement rural (préretraite, soutien agro-environnemental ) possible en créant un lien étroit entre l’OCM et les mesures prévues dans le Fond Européen Agricole de développement rural (FEADER) Enfin je crois qu’il ne faut pas passer sous silence le sujet des droits de succession que Nicolas SARKOZY souhaite réduire ou supprimer, ce qui faciliterait grandement la transmission des patrimoines agricoles. Pour ce qui me concerne les choses sont claires, si les audois me confient certaines responsabilités, Je serais présente et j’irais là où la nécessité le demandera. S’il faut défendre notre viticulture à Paris je serais à Paris, s’il faut la défendre à Strasbourg ou à Bruxelles, je serais à Strasbourg ou à Bruxelles