LES ETATS MALADES DE LA DETTE

Un mal qui répand la terreur,

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La dette (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,

Faisait aux grands Etats la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

Une des Causes déclarée responsable des crises financières et monétaires, les grands Etats déclarent enfin la guerre à la dette publique.

Au fil des décennies les budgets nationaux des nations les plus riches ont financés par le déséquilibre budgétaire, leur croissance, leurs objectifs économiques et sociaux mais aussi leurs excès leurs promesses électorales leur mythomanies ;

Aujourd’hui il n’y a plus de choix, il faut arrêter les conneries ; les faillites ou quasi faillites dénoncées de plusieurs Etats Européens entre autre (Grèce Espagne) et leur corollaire qui a entrainé la mise en difficulté de plusieurs banques nationales et internationales montre qu’il est temps de prendre au sérieux ce phénomène.

Un Etat peut-il dépenser plus qu’il n’a de recettes ? une entreprise peut-elle dépenser plus qu’elle ne fait de résultat ? un ménage peut-il dépenser plus que les ressources qu’il perçoit ?

A ces questions on peut répondre par l’affirmative, puisque chaque « agent économique » peut avoir recours à l’emprunt en s’adressant aux organismes financiers préteurs que sont les banques ;

Pour ce qui concerne les entreprises les banques financent en général les besoins des entreprises liés à des investissements lourds : ex constructions de locaux, de matériels ; les banques ne prêtent pratiquement jamais pour financer les entreprises qui ont des besoins de trésorerie liés à leur gestion courantes ( fond de roulement) considérant avec juste raison que la gestion correcte de l’entreprise doit générer des bénéfices dont une part doit alimenter le besoin en fond de roulement.

Quelque soit la décision du banquier, cette dernière est soumise à la mise en œuvre de garantie parfois excessives que doit apporter l’entreprise.

C’est d’autan plus vrai aujourd’hui, car les banques se sont mises elles même dans des situations financières délicates par leur seule faute: mélange subtil de spéculation, d’incompétence et absence de lucidité;

Que se passe-t-il dans ces cas là, on passe de l’état « générosité excessive » à l’état « je ne prête qu’aux riches » empêchant par ce retour de balancier, à certaines initiatives porteuses de développement et créatrices de richesses de voir le jour;

Pour ce qui concerne les ménages et les particuliers la situation est differente;

En effet « Madame ou Monsieur tout le monde » disposent de plusieurs possibilités ; s’adresser aux préteurs institutionnels : les banques pour ce qui concernent le financement de projet immobilier, ou l’acquisition d’une voiture par exemple, ou s’adresser à une multitudes d’organismes spécialistes de ce que l’on appelle prêt à la consommation, ou faire appel aux différentes cartes de paiements à crédits fonctionnant sur le principe du paiement différé.

Les banques longtemps ont limitées la durée de leurs prêts et vérifiés que le pourcentage d’endettement d’un ménage soit inférieur a un certain pourcentage des ressources.(33% était la règle) Avec le temps et les politiques déclarées volontaristes d’accession à la propriétés pour le plus grand nombre, et les fameuses opérations de défiscalisions, les institutions financières ont considérablement assouplies les conditions d’obtention de crédit, en portant pour l’immobilier les durées de prêt à 30 ans, et en étant moins vigilante sur les taux d’endettement.

Même si les garanties par hypothèques étaient présente, il semble paradoxalement que le bon sens n’ai pas été sur ce coup l’apanage des institutions financières ;

En effet deux phénomène simple, somme toute prévisibles sont venus contrarier et mettre a mal les banques traditionnelles : Prêter sur 30 ans c’est bien quand on est sûr de la pérennité ou de la solidité d’un ménage, mais en cette fin de XX siècle et en ce début de XXIème le divorce ou la séparation des couples viennent très fréquemment rompre l’équilibre du montage financier et aboutissent à l’interruption du processus de remboursement ;

De même pour les opérations de défiscalisations qui sont pour moi soit dit entre parenthèse des « trompe couillons » leur multiplication et leur banalisation ont mis sur le marché des milliers de logements locatifs à des prix si élevés qu’ils ne trouvent pas preneurs, et mettent les propriétaires, dans des situations financières inextricables et dramatiques ;

Le résultat : les banques sont devenues de très gros propriétaires fonciers de biens qui sont invendables et qu’elles ne peuvent donc réaliser. Ces opérations ont affecté leur bilan et par voie de conséquence les ont entrainé dans des difficultes financières considérables (crise des subprime aux Etats unis)

La crise des subprimes s’est déclenchée au deuxième semestre 2006 avec le krach des prêts immobiliers (hypothécaires) à risque aux États-Unis (les subprimes), que les emprunteurs, souvent de conditions modestes, n’étaient plus capables de rembourser. Révélée en février 2007 par l’annonce d’importantes provisions passées par la banque HSBC, elle s’est transformée en crise ouverte lorsque les adjudications périodiques n’ont pas trouvé preneurs en juillet 2007.

À partir de l’été 2007, les banques du monde entier ont dû passer chaque trimestre dans leurs comptes des dépréciations de la valeur de leurs actifs liées aux subprimes, en particulier les ABS et les CDO. De l’été 2007 à l’été 2008, ces dépréciations ont totalisé 500 milliards de dollars américains, ce qui a fait chuter d’autant les capitaux propres des banques. Certaines ont épongé ces pertes grâce à des augmentations de capital, en vendant en Bourse de nouvelles actions.


Dans la semaine qui avait précédé, les marchés boursiers européens avaient tous perdu plus de 20 %. La crainte d’une sous-capitalisation globale et durable du système bancaire, nuisible à l’économie, avait entraîné dès l’été 2008 une crise de solvabilité, suivie à partir du 6 octobre d’un krach boursier d’autant plus profond qu’il intervenait après un an de baisse régulière de la bourse. En France, l’indice CAC 40 a ainsi perdu 22 % de sa valeur en une seule semaine, du 6 au 10 octobre.

La crise a entraîné depuis le début 2008 une raréfaction progressive et de plus en plus marquée du crédit bancaire à travers le monde, ce qui a aggravé le ralentissement économique en cours.


Nous connaitrons dans notre pays, dans quelques temps les effets pervers des opérations de défiscalisations quand les propriétaires engagés par contrat à louer pour 8 ou 9 ans déciderons de se débarrasser de leurs appartements pour réaliser des liquidités ; l’immobilier connaitra une crise qui mettra à mal tout ceux qui se sont lancés sans lucidité dans ces opérations hasardeuses, guidées par l’espoir que l’on a fait miroiter de gagner de l’argent facilement…

Pour conclure avec les particuliers, les dérapages ont été tels, le crédit tellement facile, que bon nombre de femmes , d’hommes de ménages se sont mis dans des situations financières tellement inextricables que l’on a créé un nouvel « etat » : le surendettement.

Pour ce qui concerne les états la règle est encore différente ; soumis aux règles de la comptabilité publique, et gestionnaires de ressources publiques, on doit attendre d’eux rigueur, et principe d’équilibre budgétaire…

Cette comptabilité publique basée sur la constitution d’un budget annuel comporte quelques perversité ;

En effet lorsqu’un ministère, un organisme étatique, établi son budget en recette ou en dépense la règle veut qu’il est obligé de le réaliser ; rien de condamnable à première vue lorsqu’il s’agit des recettes, mais le pb est différents pour ce qui concerne les dépenses puisque dans ce cas les pratiques, plus que la règle régissent des aberrations qui font qu’il faut absolument dépenser ce que le budget a prévu même si c’est inutile , pour être sur que l’on disposera au moins des mêmes possibilités l’année d’après : le gaspillage est donc institutionnellement instauré.

Les gouvernements de chaque états sont confrontés aux coûts de la mise en œuvre de leur politique voire de leur promesse, et l’objectif de toute politique consiste à orienter l’activité nationale afin que soient réalisés certains objectifs économiques et sociaux.

Ceux-ci sont en général et en premier lieu la croissance économique, le plein emploi et la lutte contre l’inflation. L’Etat devient alors un agent économique mais un agent économique de nature un peu particulière ;

Si nous prenons le cas de la France, les mœurs et la nature du fonctionnement de l’Etat ont considérablement évolués ;

Au lendemain de la guerre, la reconstruction économique, était la priorité dans la mesure ou sous l’action et selon les Idées du Général de Gaulle notre pays devait réacquérir son indépendance industrielle, financière monétaire, faire redémarrer ses industries, rebâtir son tissu commercial et de service ; L’Etat et le politique détenaient toutes les clés du développement, et l’ensemble des destinées du Pays.


La planification française du commissariat au plan, est indicative et incitative, à la différence de la planification soviétique. Le Commissariat général du Plan (CGP) s’appuie sur deux organismes de prévision : l’INSEE et la SEEF (Service des Études Économiques et Financières du Ministère des Finances).

Plusieurs éléments ont fait de la planification française une expérience originale. Elle constitue l’aspect le plus singulier de l’action de l’État pour domestiquer le marché. Se bornant à donner des objectifs quantitatifs ou qualitatifs définis d’un commun accord entre les partenaires sociaux, le plan tente d’orienter les investissements dans les secteurs prioritaires pour la croissance.

Le plan doit insuffler un nouvel état d’esprit parmi les chefs d’entreprises, sans porter atteinte à l’initiative privée. La place de l’État dans le système productif à cette époque, renforcée par les nationalisations de l’après-guerre et le contrôle des prix, favorise une bonne maîtrise des évolutions économiques.

Le plan Marshall contribua à la réalisation du plan, en assurant le financement d’une grande partie des investissements des secteurs de base.

La France a connu 10 plans quinquenaux dont la nature a changé au fil des années ; C’est dans le cadre du cinquième plan et plus précisemment à partir de 1968 que le premier budget se boucle avec un déficit significatif.

De 1969 à 1974 l’equilibre budgétaire est rétabli, mais à partir de 1975 la spirale infernale est activée.

A partir des années 80, l’idée de reconnaître une plus large autonomie de gestion aux collectivités territoriales et d’accroitre leurs responsabilités afin de moderniser le pays et d’adapter son organisation administrative, s’est imposée comme un élément indispensable de la vitalité démocratique de la Nation et comme une forme nouvelle de gestion publique plus proche des citoyens.

L’acte I de la décentralisation a répondu à cet objectif, à travers la quarantaine de lois et les quelque 300 décrets qui ont été adoptés de 1981 à 1986 pour donner de nouvelles compétences aux collectivités territoriales et favoriser le développement des initiatives locales.

La décentralisation ainsi mise en place ne changera rien au mal que constitue le déficit budgétaire chronique, je dirais même que la maladie s’est aggravée, résultat d’une gestion étatique et locale anarchique et désorganisée, tournée plus vers des objectifs électoralistes, que soucieuses de l’intérêt publics.

Nous aborderons ces sujets dans un prochain billet : De la gestion de l’Etat et des collectivités territoriales