LES CEREMONIES DE L’ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION DE CARCASSONNE

Le 19 août est la date anniversaire de la libération de Carcassonne.

A cette occasion chaque année, une cérémonie a lieu d’abord dans la clairière de Baudrigues par un dépot de gerbe sur les trois stèles marquant les emplacements ou sont tombés , fusillés par les nazis ,plusieurs résistants du Carcassonnais.

Puis les autorités civiles et militaires et le monde combattant se retrouvent Place Davilla pour fleurir le monument de la Résistance.

LA TRAGEDIE DE BAUDRIGUES LE 19 AOUT 1944

« Les Allemands s’apprêtent à évacuer Carcassonne, mais avant, ils vont régler leur compte à quelques résistants prisonniers… Le 19 août, après avoir saboté le central téléphonique de la ville, opéré quelques destructions à l’aérodrome de Salvaza, à l’Ecole normale de jeunes filles et en d’autres points de la localité, ils emmènent dans un fourgon cellulaire dix neuf détenus, de la prison au dépôt de munitions du domaine de Baudrigues, commune de Roullens, à six km sud-ouest de Carcassonne.

Il y a là Jean Bringer (« Myriel »), chef départemental FFI,1’offi¬cier de police Aimé Ramon, l’un des chefs du réseau NAP, Pierre Roquefort, Léon Juste, Jean Hiot, du maquis de Trassanel, Gilbert Bertrand, du Corps-franc de la Montagne Noire et treize autres détenus dont deux femmes dont l’identité n’a pu être retrouvée.

Le convoi se rend donc au dépôt de munitions qui comporte un stock imposant d’obus et de torpilles de gros calibres. Les habitants du domaine de Baudrigues sont sommés d’évacuer les lieux sur le champ.

Les dix neuf prisonniers sont fusillés sur le dépôt, leur sépulture va être vite réglée.

Les Allemands font sauter l’énorme dépôt. C’est un enfer : Les éclatements se succèdent pendant trois heures. Les arbres et les immeubles les plus proches sont rasés, d’autres sérieusement endommagés. L’incendie et les explosions sont perçus à plusieurs kilomètres à la ronde. Le sol est jonché de gravats, de débris végé¬taux et humains.

« Ce n’est que quelques jours après le massacre, après le départ des Alle¬mands, écrit Félix Roquefort, que l’on aperçoit, juste devant la terrasse du château, des fragments épars de corps humains.

Il y a des lambeaux accro¬chés aux arbres les plus éloignés qui sont restés debout. La plupart des victi¬mes n’ont pu être reconnues: ‘ « Jean Bringer a été identifié grâce à sa chevalière, mon frère Pierre, à des morceaux de blouson. Les corps ou plus exactement, les lambeaux, ont été déposés pêle-mêle dans des cercueils après le départ des Allemands. Plusieurs bières ont été laissées à M. Cambon, régisseur du domaine, pour y recueillir les débris restants au fur et à mesure de leur découverte. Il y en avait jusqu’à 300 mètres. On en a retrouvé pendant deux ans. »

Dans le sinistre parc, abritées par des chapelles de cyprès, trois modestes stèles, dégradées par le temps, évoquent le souvenir des héros de Baudrigues. Sur la pierre de l’une d’elles on peut lire : « Ici ont été relevés les corps de 19 martyrs de la barbarie nazie ». Les deux autres stèles sont dédiées à Jean Bringer et à Aimé Ramon : « Nous n’oublions pas… Nous n’oublierons jamais » ».

La résistance audoise Lucien Maury Ed. Comité d’Histoire de la Résistance du département de l’Aude