LE CONSERVATISME A CHANGE DE CAMP

Ceux qui attendaient de la part du Président de la République un langage de vérité doivent être comblé.

Le discours de Montpellier sur l’éducation relègue les spécialistes d’une éducation nationale egalitariste et statuphage au rang des conservateurs les plus immobiles et improductifs;

Les propositions de Nicolas SARKOZY concernant l’école (de la maternelle jusqu’au bacc) ne s’adressent plus seulement aux enseignants et à leurs syndicats qu’il était nécessaire de carresser dans le sens du poil pour conforter un électorat, ces propositions s’adressent en particulier aux élèves et aux parents.

Il ne fait aucun doute qu’elles vont agiter le landernau politique et les lobbies de l’école, mais il fallait remettre l’école dans le sens du progres et dans les réalités du XXI siècle.

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Je veux répondre à cette triple souffrance : celle des parents, celle des élèves, celle des professeurs

On a eu tort, quand on a voulu mettre l’enfant au centre de l’école, en abaissant l’autorité du maître et en abaissant l’autorité du savoir

Qui peut penser que l’on répond aux attentes des familles, des enfants et des enseignants en proposant de créer soixante mille postes de fonctionnaires supplémentaires ? Comme si tout devait se réduire à une seule affaire de quantité ! Toujours plus sans jamais se demander pourquoi, sans jamais se demander pour qui, sans jamais se demander à quelles conditions. Qui peut penser que l’école de demain, ce doit être soixante mille postes de fonctionnaires en plus alors que de 1990 à 2007, le nombre d’élèves a diminué de six cent dix mille, tandis que le nombre de professeurs a augmenté de quatre‐vingt‐cinq mille ? Je devais cette vérité aux Français, aux citoyens français. Mes chers amis, si le nombre d’enseignants était le problème, nous devrions avoir la meilleure école du monde.

Dire que l’école ne doit pas changer, dire que tout peut continuer comme avant avec seulement plus de moyens, c’est se mentir à soi‐même et c’est mentir gravement aux Français, c’est mettre l’école dans une situation où elle ne pourrait que décevoir les espoirs que tant de familles françaises mettent en elle.

Je veux une école – et je n’ai pas peur d’employer ces mots –, une école du respect, une école de la politesse, une école où on apprend à vivre avec les autres, une école où on apprend qu’on n’a rien sans rien, une école où l’on apprend que le savoir est un précieux trésor qui vient récompenser l’effort que l’on s’est imposé à soi‐même et qu’en étudiant, c’est pour soi-même que l’on travaille.

Je le dis, honte à ceux qui, pour des raisons purement idéologiques, voudraient remettre en cause les internats d’excellence qui sont une avancée de la République. Nul ne peut imaginer les pesanteurs et les résistances qu’il a fallu vaincre pour imposer cette idée, pour empêcher qu’elle soit dénaturée, détournée de son objectif. Quand j’ai prononcé le mot internat, l’immense armée des immobiles, des conservateurs a voulu caricaturer cette chance qui était donnée aux enfants des familles les plus modestes.

La République, mes chers amis, ce n’est pas l’égalitarisme. La République, ce n’est pas le nivellement. La République, ce n’est pas la facilité. La République, c’est le mérite, c’est l’exigence, c’est la promotion de l’excellence. Voilà pourquoi je les ai appelés internats d’excellence.

Et c’est parce que le devoir avait tendance à être oublié pour le plus grand malheur des enfants que j’ai voulu que la responsabilité des parents soit engagée, en cas d’absentéisme scolaire, par la suspension des allocations familiales. Je crois, mes chers amis, dans la valeur de la responsabilité. Je veux le dire en tant que chef de l’État et en tant que candidat à la présidence de la République, on est responsable de ses enfants. La société n’est pas responsable de tout. La société n’est pas coupable de tout.

La jeunesse se construit dans la contestation de l’autorité. Mais pour qu’elle puisse un jour contester l’autorité, il faut d’abord qu’elle commence par appendre à la respecter.

Nos enseignants sont mal payés parce qu’ils sont trop nombreux. Trop d’embauches ont paupérisé les professeurs. En faisant le choix de la quantité, on n’a pas dit aux enseignants qu’on abandonnait le choix de la qualité. J’ai voulu que la moitié des économies qui sont réalisées grâce au non‐remplacement d’un départ à la retraite sur deux soit utilisée pour revaloriser les salaires des enseignants. Les salaires de début de carrière ont ainsi augmenté de 18 % par rapport à 2007. Les heures supplémentaires, que la gauche voudrait supprimer, ont profité en priorité aux enseignants. À plus d’enseignants moins bien payés – c’est mon choix que je propose –, je fais le choix de moins d’enseignants mieux rémunérés.

si on fait le choix de l’école du nivellement, alors, fatalement, je vous le dis, mes chers amis, il y aura une école pour les riches et il y aura une école pour les pauvres. Et ça c’est le contraire de l’école de la République. L’école de la République, elle doit accueillir l’enfant handicapé parmi les autres enfants. Je l’ai voulu parce que c’est un merveilleux apprentissage de la différence, c’est une vraie leçon d’humanité où le coeur parle alors contre les préjugés, parce que les préjugés, c’est le contraire du coeur. Et les enfants ayant un handicap dans l’école de la République, c’est un atout pour nos enfants qui ne sont pas porteurs d’un handicap. Voilà l’apprentissage de la différence. L’école de la République, c’est une école laïque, une école où l’on respecte toutes les croyances en n’en manifestant aucune de croyance, c’est une école où l’on tient à l’abri de tous les conflits religieux parce que dans cette école de la République, on doit y faire preuve de réserve et de retenue. Le caractère laïc de l’école, c’est un bien précieux que nous ne pourrons en aucun cas accepter la remise en cause, ni par le voile partiel ni par le voile intégral.

Au collège encore, le passage de l’enseignant unique de l’école primaire à la multiplicité des professeurs, d’une année sur l’autre, contribue à déstabiliser de nombreux élèves et constitue pour beaucoup un obstacle à la maîtrise d’un savoir éparpillé entre les disciplines. Il faut réfléchir à ce qu’en 6ème et en 5ème, on puisse réduire le nombre d’enseignants, en regroupant l’enseignement des disciplines littéraires d’une part et d’autre part celui des sciences, en formant des professeurs polyvalents.

Je ne suis pas favorable à la suppression du redoublement car la suppression du redoublement serait un signal de complaisance coupable, donné aux enfants et aux parents. Je ne suis pas favorable à la suppression des notes encore réclamées par certains qui n’est rien d’autre qu’une forme de démagogie. Je suis favorable à la généralisation des groupes de niveau par matière à l’école primaire, comme au collège et au lycée. Le but n’est pas que chacun avance au même pas ni avec les mêmes méthodes, le but c’est que tous parviennent au même niveau. Pour cela il faut une grande présence des adultes dans les établissements. Et mes chers amis, là est la grande question. L’enfant a besoin de parler. L’enfant a besoin de se confier. L’enfant a besoin d’une épaule sur laquelle s’appuyer.

Comment faire alors, quand il n’y a pas d’argent pour embaucher ? Comment faire quand, pour réduire nos déficits, il faut diminuer les effectifs en continuant d’appliquer la règle du 1 sur 2 aux collèges et aux lycées ? Eh bien mes chers amis, il n’y a qu’une seule solution : faire travailler les enseignants plus longtemps en les payant davantage. Il n’y a pas d’autres solutions. Je propose que désormais tout enseignant qui voudra travailler davantage, puisse le faire avec 26 h de présence dans l’établissement au lieu de 18h de cours aujourd’hui ; Avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25 %, soit près de 500 euros par mois.

Qui osera dire à des enseignants qui veulent enseigner davantage qu’ils n’ont pas le droit de le faire ! Qui osera reprocher à un candidat à la présidence de la République de vouloir améliorer le traitement des enseignants de l’école de la République française ! Et qui osera dire qu’il n’y a pas besoin de davantage d’adultes aux côtés de nos enfants. Vous voyez mes chers amis, le choix est simple. D’un côté on parle statut ; on parle augmentation du nombre de fonctionnaires. De l’autre, on parle des familles, on parle des enfants, on parle de l’éducation. On parle de l’amélioration de la condition… c’est toute la différence. J’assume le choix.

Je propose une autre révolution pour que l’école accomplisse la mutation qui lui permettra de relever les défis auxquels aujourd’hui elle n’est pas en mesure de répondre. Cette mutation c’est celle de l’autonomie. Je souhaite donner à chaque établissement la possibilité de constituer de véritables équipes pédagogiques en lui donnant la liberté de recruter directement les professeurs avec une plus grande souplesse dans des régimes indemnitaires, différenciés, pour valoriser les enseignants qui veulent se consacrer à l’activité d’enseigner dans les établissements les plus difficiles.

Ceux qui parlent des enseignants et qui ne leur font pas confiance, c’est ceux qui ne parient que sur les statuts et sur le corporatisme. Nous, nous parions sur l’autonomie, sur leur expérience, sur leur savoir‐faire. Est‐ce que vous croyez vraiment qu’une enseignante qui a 25 ans d’expérience a besoin de la dernière circulaire, du dernier recteur, pour savoir comment on apprend à lire, à écrire et à compter à ces enfants. Et si tout d’un coup, la République faisait confiance à ses enseignants ! Enfin, la révolution de l’école ne s’accomplira pas sans les parents. Je souhaite ouvrir l’école aux parents. Donner à ceux qui en ont besoin les moyens d’assumer leurs responsabilités parentales et de se familiariser avec une école parfois étrangère à leur histoire et à leur culture d’origine. Je propose que chaque année les parents aient l’obligation d’inscrire eux‐mêmes leurs enfants directement auprès du maître d’école ou, au collège, du professeur principal, de sorte que l’année scolaire commence par une rencontre entre les parents et le professeur. Et qu’il n’y ait plus une classe de France, où un professeur ignore la connaissance des parents des élèves auxquels il enseigne.

l’Ecole apprend à se connaître soi‐même, l’école apprend à trouver sa voie. Le but second de l’école, c’est de donner à chacun les moyens de se réaliser, d’apprendre un 10/12 métier, de se faire une place dans la société et dans l’économie. La formation scolaire, ce n’est pas la formation professionnelle. Mais elle la précède et elle y prépare. Il ne faut pas opposer les deux.

Je préfère une école qui structure la pensée, qui élève l’esprit, à une école où on considèrerait qu’il suffit d’offrir une tablette numérique avec l’argent du contribuable, et on n’aurait pas pris le soin… comprenez‐moi bien, c’est formidable d’offrir la tablette numérique, mais alors à l’intérieur il faut y mettre des beaux textes et ne pas considérer qu’on a fait son travail parce qu’on a offert une tablette numérique.

Enfin, et je voudrais terminer par‐là, parce que j’y ai beaucoup réfléchi, j’ai acquis la conviction que le baccalauréat est une grande institution républicaine. Le supprimer serait une erreur. Et pour qu’il demeure, il faut simplement que l’on s’accorde sur la signification que nous devons lui donner. Je le dis comme je le pense : abaisser sans cesse le niveau du bac, c’est le condamner et c’est ouvrir la voie à la sélection à l’entrée de l’université. En dévalorisant le baccalauréat, on n’a rendu service à personne.

Mes chers amis, nous ne ressusciterons pas l’école de Jules Ferry et des Hussards noirs de la République. Mais c’est avec la même exigence, avec les mêmes buts, c’est au nom des mêmes valeurs que nous voulons changer l’école, que nous voulons redonner confiance dans l’école. L’autorité, la responsabilité, l’autonomie, l’expérimentation, l’individualisation, l’exigence intellectuelle et morale, le respect du travail, voilà sur quelles bases je vous propose de reconstruire l’école de la République. La République, la civilisation, voilà pourquoi, voilà au nom de quoi, je veux faire dans les cinq ans qui viennent, de l’école une priorité.