L’EMBARRAS DU VIDE….

Nous sommes à 90 jours de la Présidentielle.

C’est encore un peu tôt pour constater ce que les sondeurs appellent la cristallisation des votes, c’est à dire le moment où les Français ont fait leurs choix, et ne changeront plus d’avis.

Il est donc difficile de prévoir le vainqueur du scrutin, sachant qu’à tout moment, un évènement imprévu, une parole de candidat, peut déjouer les pronostics sondagiers.

L’air du temps, si ce n’est la prudence des instituts, nous disent que tout est ouvert, rien n’est fait.

D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, devant l’absence de programmes, proposée aux électeurs.

Les uns et les autres nous lancent des bribes de projets, à ne pas confondre avec des programmes,des plateformes,des bases de réflexion, des troncs commun de gouvernance, et autres foutaises destinés à nous faire attendre sans répondre aux impatiences naturelles.


Pour le moment, je constate qu’on nous vend du vent.

Il y a les candidats déclarés, dont certains disparaîtront faute d’obtenir les 500 signatures. On peut comprendre que pour ceux-là, qui font un petit tour et puis s’en vont, un programme est le cadet de leurs soucis.

On peut raisonnablement penser que la joute se déroulera entre les candidats du PS, du FN, du Modem, du Front de Gauche, d’EELV et celui de l’UMP, qui pour le moment, non déclaré, se fait appeler Désiré.


A l’exception du FN,il se dégage un consensus entre ces partis, qui consiste à parler pour ne rien dire, puisque les projets officiels ne sont pas entérinés par les candidats.

Seule Marine Le Pen a rendu public son projet pour la France, projet chiffré.


François attend fin janvier pour se dévoiler.

En attendant, il se balade aux Antilles, sans enthousiasmer les foules. Ses porte-flingues et lui font ce qu’ils savent faire excellemment, à savoir critiquer, critiquer et critiquer toujours; et quand ils sont fatigués, ils ironisent, ils se moquent, ils attaquent Sarkozy.


Dans ce domaine, ils ne risquent pas de perdre le triple A


La Joly Eva-nous -gonfler-encore-longtemps? mène selon ses proches, une campagne remarquable: elle consiste à sortir chaque quinzaine une outrance, faite pour choquer : on existe comme on peut ! Après la suppression du nucléaire, celle du défilé du 14 juillet, la voici proposant un jour férié supplémentaire pour les musulmans et les juifs, qui n’ont rien demandé, et ce au nom d’une justice typiquement écolo. Et pourquoi pas un jour pour les protestants, les Sicks, les athées? Allez passons, « circulez y a rien à voir… »


L’autre François, celui du Béarn, grimpe dans les sondages. Il a tout compris : s’en tenir aux généralités les plus évidentes et de bon sens, sans jamais fournir le mode d’emploi. Son commentaire par rapport au triple A est significatif du « parler pour ne rien dire ».

Qui n’a pas encore compris qu’il faut réduire les déficits, résorber la dette, trancher dans les dépenses ? Ca fait deux campagnes qu’il nous rabâche son crédo,avec maintenant un codicille : les Français n’étaient pas prêts à entendre ce message avant, d’où ses échecs successifs. Maintenant qu’ils ont compris, il va gagner !!


Mélenchon le fougueux, l’ombrageux, ne fait pas dans la dentelle : tous des C….et moi j’ai raison. A mort le capitalisme, prenons aux riches, nationalisons. Je pensais que le communisme avait disparu de la planète, nous laissant comme seul souvenir un musée vivant, la Corée du Nord. Mais non, il nous reste Mélenchon, et il paraîtrait que les Chinois soient ravis qu’il prêche en France, et non le long de la Grande Muraille. Brrrr……..


Reste l’UMP, avec ses conventions, ses brain-stormings, ses propositions.

On nous dit que tout est prêt, tout est huilé, et que les troupes piaffent d’impatience pour aller au combat. C’est ballot, mais il leur manque l’essentiel, le candidat. Tout est suspendu à la décision de Nicolas, au timing de Nicolas,à la volonté de Nicolas, au désir de Nicolas de rentrer dans l’arène………….ou pas !?

Les ministres, les députés, les cadres font campagne, sont tous derrière le chef, mais sont tenus, à chaque phrase qu’ils prononcent, d’ajouter : « si le Président de la République est candidat, ce que nous souhaitons tous »

Ce  » Si » répétitif, et conditionnel par définition, laisse planer des doutes. Au vu de la situation économique, financière et sociale que traverse notre pays, au vu du forcing entrepris par Sarkozy pour faire les dernières réformes du quinquennat ( réformes forcément impopulaires), la politique du « ça passe ou ça casse » devient de plus en plus probable.

Ce pari est-il le bon?

Je n’en sais rien, et si je suis toujours membre de l’UMP, Cela ne m’empêche nullement de réfléchir, d’analyser,et de dire ce que je pense en m’affranchissant d’une complaisance de bon ton pour être considérée comme une bonne militante. je m’interdis tout assentiment idolatre, et je veux être une militante « attentive ».


Cet embarras du vide ne me convient pas. Il est temps que la droite que j’aime, celle qui fût l’initiatrice des 30 Glorieuses, celle qui fît de la France un grand pays , prospère et fier, prenne ses responsabilités, au lieu de louvoyer, et de caler sa stratégie sur celle des faiseurs de rêves et de miracles.

Si l’UMP doit se faire virer, qu’elle parte avec panache.

A part le général de Gaulle, lors de son accession au pouvoir en 1958, il n’y a aucun Président de la cinquième république qui aura connu pires conditions pour son quinquenat;

La crise des subprimes en 2008 est venue pourrir et gravement compromettre, dès le début de sa prise de fonction,les réformes promises par le Candidat SARKOZY; la crise financière et économique qui a suivi à considérablement degradé les finances du Pays. On peut objectivement se demander, qui aurait été capable, parmis les candidats de l’époque, ou parmis les prétendants actuels, de gérer le pays en limitant les dégats comme cela a été fait;

Pour être complet, on peut aussi saluer chapeau bas, l’action et le travail du Premier Ministre François FILLON durant ces cinq années

Alors, si Sarkozy doit être battu, après avoir fait de bonnes réformes et connu les pires conditions de crise pour son quinquennat, qu’il le soit en mettant notre pays sur de bons rails.


Il reste 90 jours pour agir et convaincre.

Il va falloir affronter la montagne, alors, assez de tergiversations et allons-y que diable