66ème ANNIVERSAIRE DU 8 MAI 1945
Par Isabelle Chesa, lundi 9 mai 2011 à 09:51 :: Blog actualités :: #614 :: rss
UN PEU D'HISTOIRE
Le 8 mai 1945 : fin de la Seconde Guerre mondiale (1939-45)
Le 7 mai 1945, à 2 h 41, l'acte de capitulation allemande est signé à Reims. Les combats doivent cesser le 8 mai à 23 h 01. La nouvelle est communiquée officiellement le 8 mai à 15 h 00. Le lendemain, 9 mai, à 0 h 16, la capitulation générale est signée à Berlin. Les Soviétiques, maîtres de la ville depuis le 2 mai, estiment, en effet, que la capitulation de Reims n'est qu'un acte préliminaire. La France, signataire aux côtés des Alliés de ces deux actes, est représentée à Reims par le général Sevez, à Berlin par le général de Lattre de Tassigny. La reddition sans conditions de l'Allemagne nazie met fin en Europe à un conflit de six ans qui a fait plusieurs dizaines de millions de morts.

7 mai 1945 - Signature, à Reims, de l'acte de capitulation des armées allemandes. Source : SHD
Fête de la Victoire le 8 mai 1945, Paris le général de Gaulle en fait l'annonce à la radio à 15h, puis, entouré par la foule il salue la tombe du soldat inconnu.

Source : Photographe Keystone
Le 8 mai, à 15 h 00, les cloches de toutes les églises sonnent officiellement la fin de la guerre tandis que le général de Gaulle en fait l'annonce radiophonique. La population laisse éclater sa joie. Le 8 mai après-midi et le 9 mai sont déclarés exceptionnellement fériés. La foule envahit les rues, entonnant la "Marseillaise" et des chants patriotiques.
Toutefois, la date du 8 mai ne marque pas la fin de la présence militaire allemande sur l'ensemble du territoire, les dernières poches de résistance - Dunkerque, Lorient, Saint-Nazaire - ne tombant que les jours suivant la capitulation du Reich. Surtout, la victoire ne peut effacer ni les atrocités commises par l'Allemagne nazie, ni ces années durant lesquelles la population s'est trouvée confrontée à des choix qui l'ont divisée.
Le 8 mai, de 1945 à nos jours : ce jour de victoire devient un jour férié et une fête nationale Dès 1945, le général de Gaulle préfère réunir les Français dans de grandes célébrations patriotiques, telle la commémoration du 16 mai, à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc, ou celle du 11 novembre. Le général de Gaulle d'une part, les communistes d'autre part, pour des raisons différentes, insistent en effet sur le caractère indissociable des deux conflits mondiaux et considèrent de ce fait qu'il conviendrait de célébrer une victoire unique. Jusqu'au milieu des années 1950, les commémorations de la Première Guerre mondiale restent les plus importantes.
Ainsi à l'origine, la question s'est posée de savoir s'il convenait d'instaurer une journée commémorative unique pour les deux conflits mondiaux ou de célébrer les deux dates avec la même solennité.
Les diverses modalités de la commémoration du 8 mai 1945 témoignent de ce débat.
1946 : la loi consacre le dimanche 8 mai, ou le dimanche suivant, pour célébrer la victoire La loi n° 46-934 du 7 mai 1946, adoptée sous la présidence du gouvernement provisoire de Félix Gouin par l'Assemblée constituante, pose le principe de la commémoration de la victoire et en fixe la date.
"Article unique : La commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945 sera célébrée le 8 mai de chaque année si ce jour est un dimanche et, dans le cas contraire, le premier dimanche qui suivra cette date."
Le 8 mai s'inscrit parmi d'autres journées commémoratives telles que le 18 juin (anniversaire de l'appel du général de Gaulle de Londres), la Libération de Paris ou, surtout, le 11 novembre, qui rassemblent la population autour de grandes manifestations.
Cependant, la commémoration de la victoire, repoussée le cas échéant au dimanche suivant, se trouve d'emblée captée par la fête de Jeanne d'Arc, commémorée le même jour. Aussi, dès 1947, les associations de résistants et de déportés font entendre leur souhait de voir la victoire célébrée à son jour anniversaire et organisent leur cérémonie à cette date.
1953 : le 8 mai devient un jour férié Par la loi n° 53-225 du 20 mars 1953, d'origine parlementaire, le 8 mai devient un jour férié. Il peut de ce fait s'imposer comme date symbolique de la Seconde Guerre mondiale, au même titre que le 11 novembre pour la Première Guerre mondiale.
Ce consensus difficilement établi est cependant compromis par un certain nombre d'événements, comme la coïncidence avec le désastre de Diên Biên Phu en 1954, les divisions engendrées par la guerre d'Algérie dès 1955, en particulier les manifestations des Français d'Algérie demandant le retour au pouvoir du général de Gaulle le 13 mai 1958 ...

Cérémonie du 8 mai 1959 à l'Arc de Triomphe. Source : ECPAD

Cérémonie du 8 mai 1965. Défilé du Président de la République le Général de Gaulle après la cérémonie à l'Arc de Triomphe. Source : ECPAD
1959 : la loi consacre le deuxième dimanche de mai pour célébrer la victoire
Afin de limiter le nombre des jours fériés en mai, le décret n° 59-533 du 11 avril 1959, renouant avec l'esprit de la loi de 1946, prévoit que la victoire de 1945 sera célébrée le deuxième dimanche du mois de mai.
Cette décision suscite de nombreuses protestations parmi les anciens combattants qui continuent à commémorer la victoire le 8 mai. La plupart d'entre eux ne vont pas aux cérémonies officielles.
Le 8 mai 1965 : jour exceptionnellement férié pour le 20ème anniversaire de la victoire Par dérogation, pour le 20e anniversaire, le 8 mai 1965 est exceptionnellement déclaré férié par décret du 1er avril 1965.
Jusqu'en 1981 : nouveaux débats sur la façon de célébrer la victoire du 8 mai 1945
Pour répondre au souhait des anciens combattants de voir la victoire célébrée à sa date anniversaire sans augmenter le nombre des jours fériés en mai, un décret du 17 janvier 1968 prévoit une célébration annuelle à nouveau fixée à la date du 8 mai, mais en fin de journée.
En 1975, le président de la République en exercice, Valéry Giscard d'Estaing, prend la décision de ne plus conférer un caractère gouvernemental à cette cérémonie en supprimant la commémoration officielle et nationale. Il propose d'y substituer une journée de l'Europe tandis que le gouvernement envisage l'idée de faire du 11 novembre une journée nationale du souvenir. Motivée par une volonté de réconciliation franco-allemande, cette décision s'inscrit dans une perspective européenne. Elle provoque toutefois de vives réactions et entraîne des protestations, tant dans le monde politique que chez les anciens combattants qui souhaitent depuis longtemps, pour nombre d'entre eux, que le 8 mai soit commémoré à l'égal du 11 novembre.
Ainsi, jusqu'en 1981, un grand nombre de communes ont continué à célébrer officiellement le 8 mai à sa date anniversaire.
A partir de 1981 : le 8 mai est déclaré jour férié, puis jour de fête nationale
Par modification du Code du travail, la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981 ajoute le 8 mai à la liste des jours fériés. En 1982, après de nombreux débats, la commémoration est reconnue comme une fête nationale. Cette "journée de la liberté", fériée et chômée, doit être abondamment présentée dans les écoles et les universités et les commémorations qui la ponctuent faire l'objet d'une large couverture médiatique.
Le 8 mai reste ainsi une date symbolique, célébrée par presque toutes les communes. Commémoration nationale, il s'est progressivement imposé comme un second 11 novembre, auquel il emprunte une grande part de son rituel.
Lors de cette journée, l'ensemble des événements de la Seconde Guerre mondiale est commémoré : aussi bien la victoire des Alliés que la fin de l'oppression nazie sur l'Europe ...
Aujourd'hui, l'unité semble se faire autour du message à transmettre : la lutte pour la liberté et la démocratie.
En cliquant sur "lire la suite" vous découvrirez le message de Gérard LONGUET Ministre de la défense et des Anciens Combattants, ainsi que les photos de la cérémonie du monument aux morts de la Place DAVILLA, et la déclaration du Général de LATTRE de TASSIGNY.
C'est un détachement de la Marine Nationale qui rendait les honneurs pour la célébration de ce 8 Mai 2011;
L'ordre du jour n°9, par lequel le Général de Lattre de Tassigny s'adresse aux soldats de la première armée Française et reproduit ci-après, est lu par Monsieur BARRABES Président de l'association "Rhin et Danube" devant son porte Drapeau.
ORDRE DU JOUR n° 9
OFFICIERS, SOUS-OFFICIERS,
CAPORAUX ET SOLDATS
DE LA PREMIERE ARMEE FRANCAISE
Le jour de la Victoire est arrivé
A BERLIN, j'ai la fierté de signer au nom de la France, en votre nom, l'acte solennel de capitulation de l'Allemagne,
Dignes de la confiance de notre Chef Suprême le Général de GAULLE, Libérateur de notre Pays, vous avez par vos efforts, votre ferveur, votre héroïsme, rendu à la Patrie son rang et sa grandeur.
Fraternellement unis aux soldats de la Résistance, côte á côte avec nos camarades alliés, vous avez taillé en pièces l’ennemi partout où vous l’avez rencontré.
Vos Drapeaux flottent au cœur de l’Allemagne. Vos victoires marquent les étapes de la Résurrection Française.
De toute mon âme je vous dis ma gratitude. Vous avez droit à la fierté de vous-mêmes comme à celle de vos exploits.
Gardons pieusement la Mémoire de nos Morts. Généreux compagnons tombés au Champ d'Honneur, ils ont rejoint dans le sacrifice et la gloire pour la Rédemption de la France, nos fusillés et nos martyrs.
Célébrons votre Victoire : Victoire de Mai, Victoire radieuse de printemps, qui redonne á notre FRANCE la Jeunesse, la Force et l'Espoir.
SOLDATS VAINQUEURS. vos enfants apprendront la nouvelle épopée que vous doit la Patrie
BERLIN, le 9 mai l945
Le Général d’Armée DE LATTRE DE TASSIGNY
Commandant en chef la 1re Armée Française
J. DE LATTRE.
Apres la lecture de ce message, des élèves des écoles d'arts de la CAC ont interprété le "Chant des partisans".
puis ce fut le moment des dépots de gerbes, les personnalités politiques, civiles et militaires, ont accompli ce geste accompagnés par les enfants de l'école de "LA PRADE"
Ci-dessus, Monsieur BARRABES et Madame DE PRADA, puis le délégué militaire Départemental ont tour à tour déposé leur gerbe au pied du monument.
Isabelle CHESA assistait à la cérémonie, cérémonie qui s'est poursuivie par une prise d'armes sur le square André Chénier, ou a été donnée lecture du message du Ministre de la défense et des Anciens Combattants
Message de Gérard LONGUET,Ministre de la défense et des anciens combattants, pour les commémorations du 8 mai 1945
"En ce 8 mai 2011, nous commémorons le 66 anniversaire de la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie face aux Alliés.
Il y a 66 ans, le 8 mai 1945, les armes se taisaient enfin en Europe,mettant un terme à cinq années de cauchemar et de barbarie, cinq années parmi les plus cruelles de l'histoire de l'humanité.
Encaissant sur son territoire, avec les seuls soutiens de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des Pays-Bas, le choc de l'offensive de l'Allemagne nazie, au printemps 1940, la France a payé un lourd tribut.
Défaits militairement par les armes du III Reich, les Français ont, durant plus de quatre ans, subi le poids de l'occupation : l'angoisse pour leur million et demi de prisonniers, les privations de toute nature, l'annexion dans le système nazi pour les uns, l'oppression politique, le pillage économique, les persécutionsraciales, la répression pour tous.
Dès le 18 juin 1940, pourtant, en visionnaire autant qu'en homme d'honneur, le Général de Gaulle traçait les conditions d'une victoire qu'il estimait certaine.
Au courage des étudiants parisiens du 11 novembre 1940 répondait l'engagement des Français libres qui multiplièrent leur présence sur tous les fronts, au fur et à mesure de la mondialisation du conflit : des terres africaines, à Koufra, en Libye, avec l'épopée de la colonne Leclerc au front de l'Est, en Russie, avec le groupe de chasse « Normandie-Niemen ».
Du Pacifique à l'Afrique du Nord, sur terre comme sur mer et dans les airs, les combattants de la liberté furent sans cesse plus nombreux.
Depuis les déserts d'Afrique jusqu'en Italie et en Provence, des Vosges jusqu'à Berchtesgaden, ils prirent ainsi une part décisive aux combats libérateurs.
En France même, des hommes et des femmes qui n'acceptaient pas la soumission s'étaient levés, dans l'ombre, pour intégrer laRésistance.
Organisés et fédérés par l'ancien préfet Jean Moulin, ils allaient, au péril de leur vie, malgré la traque, la répression et la torture, consacrer leur quotidien à harceler et à combattre l'ennemi.
Pendant toutes ces années, l'honneur de la France a été porté par une minorité toujours plus nombreuse.
Si notre pays avait perdu une bataille, ceux qui ont cru construire sur la défaite, plus qu'une erreur, ont commis une faute contre la patrie.
Notre pays n'a pas perdu son honneur.
Seule nation, avec l'Angleterre à déclarer la guerre à l'Allemagne à la suite de
l'agression de la Pologne, quand d'autres se taisaient ou pactisaient, elle a eu le courage d'aller au conflit pour faire valoir ses valeurs, au rendez-vous de sa parole donnée.
A l'engagement militaire s'est doublé l'héroïsme des résistants et la générosité des Justes qui ont, par leur bravoure personnelle, et au nom d'une France qu'ils estimaient éternelle, sauvé l'image de notre pays.
Ce sont ces Français, résistants sur le territoire national ou Français libres engagés hors de nos frontières, qui ont permis à la France d'être présente lors de la reddition allemande à Reims. Ce sont ces Français qui donnent aujourd'hui tout son sens à la commémoration de ce 8 mai 1945, jour de la capitulation définitive de l'Allemagne nazie, au terme de près de cinq années de conflit.
Ces événements se sont passés il y a 66 ans. Chaque année, nous commémorons ce souvenir. Chaque année, l'émotion est intacte.
A tous ceux qui ne se sont jamais résignés, qui n'ont jamais abdiqué, qui espéraient la liberté ; aux hommes qui se
sont battus, à ceux qui sont tombés, aux autres qui ont enduré tant d'épreuves, combattu avec tant d'abnégation, nourri tant d'espoir; à toutes celles et ceux grâce auxquels l'humanité a pu de nouveau croire en son destin, nous rendons, aujourd'hui, l'hommage qu'ils méritent".
Commentaires
1. Le vendredi 13 mai 2011 à 23:53, par Vincent M.
2. Le dimanche 15 mai 2011 à 15:04, par Isabelle Chesa