L’assemblée générale des vignerons indépendants de l’Aude est toujours un temps fort dans l’année sociale.
Cette fédération née il y a trente six ans , compte 500 adhérents, conduite depuis deux ans par Jean Marie FABRE successeur de Jean Louis ALAUX, s’exprime toujours dans la clarté, et la responsabilité.
La réunion de ce Vendredi 11 février n’a pas dérogé à la tradition.
Devant un parterre d’adhérents et de politiques venus nombreux garnir les sièges de l’amphithéâtre du domaine universitaire d’Auriac , Jean Luc FABRY Directeur de la fédération, Michel Issaly président national des vignerons indépendants, Anne Marie CHARVET prefet de l’Aude et Jean Marie FABRE se sont succédés à la tribune.

Le président Jean-Marie Fabre « savoure presque cette période », avec la reprise constatée des cours du vin à la hausse et cette « période conjoncturelle favorable ».
Mais il ne s'enflamme pas. « Nous pensons que ce côté conjoncturel va durer sur les deux campagnes qui arrivent. C'est à la fois dû à une baisse conjuguée de la production régionale et mondiale, et une consommation mondiale du vin en hausse. Mais pour autant, il ne faut pas s'enflammer. Les vignerons doivent profiter de ce laps de temps pour récupérer les parts de marchés perdus.
La réforme de la politique agricole commune (PAC) pour 2013 a longuement entretenu les débats.
Tous les intervenants ont plaidé en faveur de l'instauration de deux piliers d'aides pour la viticulture. Le premier serait dédié à l'accompagnement des exploitations pour leur permettre de s'adapter aux modifications des marchés. Le second participerait au développement rural et à l'aménagement du territoire.
« Nous voulons une PAC modulable, forte et compréhensible », a résumé Jean-Marie Fabre. Avant d'avertir : « Pour cela, nous devons ne pas être absents de la table des négociations. La filière viticole doit être intégrée. »
Anne Marie CHARVET prefet de l’Aude s’adressa aux viticulteurs présents certes, mais a l’ensemble de la filière viticole;
Elle le fit droit « droit dans les Yeux » .
l'heure est venue de prendre des bonnes dispositions selon le représentant de l'État.
Pour être les meilleurs, il faut parler d'une seule voix dans le cabinet du ministre de l'Agriculture, c’est dautan plus nécessaire que la grande majorité des représentants nationaux sont des Audois ;
"L’heure est venue d’une grande revolution dans la gouvernance de la profession et créer l’unité pour mieux se faire entendre sur le plan national et europeen"
C'est sur ce thème de la réorganisation qu'Anne-Marie Charvet, préfet de l'Aude, a créé la surprise et recueilli des applaudissements nourris.
Pour la viticulture, elle a prôné l'idée d'une seule interprofession : « Bio, pas bio, bulles pas bulles, cinq interprofessions, ça fait rire tous nos concurrents ! », a t-elle dit avant d'aller plus loin et de demander aux vignerons « d'en finir avec une certaine cacophonie » qui est très mal perçue par le ministre Bruno Lemaire, avant la grande négociation sur la future PAC (politique agricole commune 2013-2020).
Elle leur a demandé de « bousculer les pères et les pairs ! Bousculez les vieux. Gagnez pour vous, pour votre département. » Phrase qui valait aussi pour le problème majeur de l'eau dans l'Aude, avec le projet Aquadomicia et la multiplicité des syndicats mixtes…
A la suite de ces interventions, l'assemblée générale poursuivit son ordre du jour sur les questions statutaires.
Sur un prochain billet, nous publierons l'integralité de l'intervention du président Jean Marie FABRE
