Ce vendredi à la permanence de l'UMP Isabelle CHESA avait invité Jean Philippe RIVES Leader de la Coordination Rurale pour parler de la viticulture et de ses difficultés dans le département de l'Aude.

Le discours tenu par ce responsable syndical est incontestablement différent de ce que nous avons l'habitude d'entendre, car s'il analyse les problèmes de sa profession avec pertinence et réalisme, il propose des solutions.

En l'occurrence concernant la situation actuelle, il se préocupe de la situation immédiate et dramatique des certains agriculteurs, qui entrainés par la spirale des dettes ne peuvent plus faire face au quotidien, non seulement pour leur exploitation , mais pour leur famille.

Nous publierons prochainement le résumé exhaustif de son intervention.

Vous trouverez ci dessous la lettre que j'ai fais parvenir à Michel BARNIER Ministre de l'Agriculture et au Président de la République

Carcassonne le 7 Juin 2008

     La Présidente Départementale

     Monsieur le Président de la République,

Au cours de ma Campagne pour les élections législatives, il y a maintenant tout juste un an, j’avais fait de la viticulture un des thèmes majeurs de mon programme, et je m’étais engagée à suivre et à soutenir les dossiers pour cette activité.

La viticulture représente en effet dans notre département, non seulement une activité essentielle mais représente surtout un élément fondamental de la culture et de l’équilibre social de notre territoire.

Profondément ancrée dans les esprits et dans les cœurs, elle est la source depuis des décennies des passions les plus intimes et des excès les plus inattendus.

Depuis des décennies hélas, d’arrachages en replantations les viticulteurs de notre terre d’Oc, ont fini par perdre leur âme, alors qu’ils ont fait d’énormes efforts pour améliorer la qualité de leur terroir.

Aujourd’hui bons nombres de familles dépendantes de cette activité sont ruinées.

Pendant les campagnes Présidentielles et Législatives, j’ai rencontré beaucoup de viticulteurs, et de responsables viticoles. Tous s'accordaient pour aller dans le même sens, envisageaient de façon très responsable les solutions, et vos propositions en matière de viticulture recueillaient leurs approbations. Que ce soit sur le constat (surproduction, concurrence internationale, commercialisation,..), sur votre positionnement politique, sur votre position relative à la réforme de l’OCM vitivinicole, sur les propositions techniques que vous aviez avancé, il y avait un consensus possible et des actions efficaces à mettre en œuvre.

Quelques mois après j’ai le sentiment que dans la "filière" il y en a quelques uns qui n’ont pas fait leur boulot.

Cela n’a fait qu’accentuer la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre viticulture départementale, avec toutes les conséquences économiques et sociales qui s’en suivront.

En effet les cours des vins continuent de baisser, quelque soit le type de vins. Nous en sommes rendu au prix de 45 euros/hecto, pour les merlots pays d’oc après avoir dépassé les 60 euros en janvier dernier et après trois années de baisse et ce malgré une récolte 2007 qui a été la plus faible depuis plusieurs dizaines d’année.

La consommation nationale continue de baisser, les exportations diminuent sur les marchés européens en raison de la crise financière, et sur les marchés mondiaux en raison de la faiblesse du dollar.

Pendant ce temps les frais d’exploitations des viticulteurs continuent d’augmenter (Fioul, engrais, produits phyto sanitaires, désherbants)

Les charges fixes ne bougent pas, par contre l’impôt foncier n’est plus fonction du revenu de la parcelle, mais est devenu un impôt sur le capital totalement déconnecté de la réalité.

Leurs cotisations sociales sont maintenues à un plafond minimum même s’ils n’ont aucun revenu dans les meilleurs des cas, ou des pertes dans la plupart des situations. . A cette situation inexorable, s’ajoutent les arrachages économiques et financiers qui mitent nos paysages, arrachages qui vont redoubler prochainement, laissant les friches dans toutes les campagnes avec les conséquences connues d’avance : incendies dépôts sauvages d’ordures arrivée des sangliers etc…

Monsieur le Président, les viticulteurs sont découragés, démoralisés ruinés et en colère.

Devant ces situations qui vont malheureusement empirer, nous pensions profiter de la venue de Monsieur le Ministre de l’agriculture et de la pêche pour en parler avec lui.

Maiheureusement la Présidente départementale de l’UMP, l’élue régionale et municipale que je suis, n’a pas eu pour des raisons inexpliquées et inexplicables, l’occasion de soumettre ce dossier au Ministre.

Comme je ne suis pas femme à me décourager, que je me dois de tenir mes engagements et défendre ma terre d’Aude et ses habitants, et qu’il faut veiller maintenant à éviter des drames humains, je m’adresse à vous afin que ce dossier puisse avancer sans retard et sans langue de bois.

Je souhaite que vous preniez en compte ma démarche, et dans l’attente, Je vous prie d’agréer Monsieur le Président de la République, l’expression de mes sentiments fidèles et dévoués et l’expression de ma haute considération.










Isabelle CHESA Conseillère Régional, Adjointe au Maire Présidente Départementale de l’UMP