ASSEMBLEE GENERALE DES VIGNERONS INDEPENDANTS

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Discours d’Isabelle CHESA devant les viticulteurs de l’Aude le Vendredi 16 mars 2007



Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les membres du Conseil d’Administration,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis Viticulteurs,
C’est avec un réel plaisir que j’ouvre votre Assemblée Générale annuelle. Je le fais au nom du Maire de la Ville, Gérard LARRAT qui m’a chargé de vous transmettre ses amicales pensées, mais aussi avec émotion et gravité. Emotion, car je connais beaucoup d’entre vous et surtout votre forte implication dans une profession que j’apprécie tout particulièrement. Je suis une Carcassonnaise fière de mes racines, attachée à nos valeurs et avec le souvenir des vendanges en famille, au pied de notre Cité médiévale.
Dès mon plus jeune âge, j’ai pris la mesure du métier de la vigne, de sa pénibilité, mais aussi de sa noblesse. Emotion, souvenir, mais aussi gravité. Je sais qu’une nouvelle fois, la viticulture languedocienne est en crise, je partage pleinement vos légitimes préoccupations et je me range à vos côtés pour rendre la fierté à la profession, pour vous permettre de vivre décemment améliorant ainsi l’économie locale.
Evidemment à CARCASSONNE et sur l’ensemble de notre Département, nous savons ce que la viticulture représente en terme d’image, de structure mais aussi et surtout en terme d’emplois directs et induits. La situation viticole se caractérise sur le plan national par une crise structurelle de surproduction qui s’explique par une baisse de la consommation (la consommation par habitant a été divisée par 2 en 40 ans) et par la concurrence internationale –nos parts de marché à l’exportation ont chuté notamment dans l’Europe du Nord, alors qu’à l’opposé, la part des vins australiens, argentins, chiliens… ont régulièrement augmenté-. En dépit de ces éléments lourds, je suis convaincue que le potentiel est important. Nous avons des traditions et un savoir faire unanimement reconnu. Nous avons le climat, les sols et surtout, pour tous les consommateurs du monde entier, la France est le pays du vin et du bon vin. La viticulture est un élément clé de notre civilisation méditerranéenne, c’est un facteur fort d’aménagement du territoire. La vigne pousse sur des sols qui n’offrent pas d’autres alternatives culturales.
Pour toutes ces raisons, les viticulteurs doivent être défendus, ce qui signifie que la crise doit être surmontée. Je sais les efforts que vous avez faits pour redresser la filière, améliorer la qualité de vos produits. C’est au Gouvernement et à l’Union Européenne de vous donner les moyens d’accompagner vos nouveaux objectifs par des moyens financiers et des règlementations adaptées.
L’arrachage volontaire peut être utile pour assainir la production et éliminer les vins de mauvaise qualité. L’arrachage obligatoire n’est pas une solution d’autant que la consommation du vin dans le monde est en augmentation. Le secteur viticole a besoin de régulations et non de libération des règles tous azimuts.
Les solutions passent par l’exploitation de nouvelles voies telles qu’une meilleure organisation des marchés émergents, mais aussi et surtout par la communication. Il est important que dans notre pays, le vin ne soit pas diabolisé. Il est inconcevable et même scandaleux que le « FRENCH PARADOXE » ait permis d’accroître la consommation du vin partout ou presque sauf justement chez nous à cause d’une loi discutable (Loi EVIN).
Une communication bien organisée orientée vers une consommation modérée du vin s’appuyant sur ses qualités sanitaires (le vin c’est la santé) est la meilleure façon de reprendre la consommation en France. Reste l’exportation, c’est le chemin de l’espoir pour l’Aude et notre Languedoc-Roussillon.
Si la solution doit être trouvée à PARIS, j’irai avec vous et je me battrai avec vous.
Si la solution relève de BRUXELLES, j’irai avec vous et je me battrai avec vous.
Nous fêtons cette année le centenaire des tragiques évènements viticoles de 1907. Faisons tous en sorte que 2007 marque le renouveau de notre viticulture.
Voilà le message clair que je voulais vous délivrer en vous souhaitant la pleine réussite de votre Assemblée Générale.