« LA FRANCE AU BORD DU GOUFFRE »

Vous trouverez ci-dessous le premier d’une série de deux ou trois billets qui se succèderont à intervalle régulier, jusqu’à la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle

Sous le générique « LA FRANCE AU BORD DU GOUFFRE » je veux faire partager ma préoccupation sur les enjeux de cette élection dans un contexte que certain compare à 1981, mais qui n’a rien à voir puisque en 2012 la situation économique et géopolitique est bien pire et bien plus dangereuse qu’au sortir des années 80….au siècle dernier.

Un adage latin bien connu, qui est une sorte de concentré de la sagesse antique, dit que « Jupiter commence par ôter l’usage de la raison aux humains qu’il veut perdre ».

C’est pour épargner à la France les malheurs qui en résulteraient qu’il est urgent de rendre tous ses droits à la raison, et d’abord de prendre la mesure exacte des enjeux avant d’en tirer les conséquences électorales qui s’imposent.

C’est la droite qui fait la courte échelle à la gauche

Les préférences politiques spontanées des électeurs s’exercent principalement au premier tour de l’élection présidentielle.


Or, quelles que soient les fluctuations des sondages, le total des intentions de vote nettement orientées à gauche, c’est-à dire celles qui se portent sur Hollande, Mélenchon, Eva Joly et quelques poussières d’extrême gauche, ne dépassent guère les 40 %.

La gauche ne peut donc l’emporter qu’avec l’apport massif des supplétifs de droite et du centre.

Cette vérité mathématique n’a rien de surprenant ou de fortuit, elle correspond a une réalité profonde ;

La gauche française depuis l’effondrement du marxisme n’a plus aucune ligne idéologique à long terme.

Ceci se traduit dans un programme électoral qui n’est rien d’autre qu’un bricolage de mesures racoleuses irréalistes et de mesurettes d’une naïve insignifiance.

On constate qu’à l’échelle de l’Europe toute entière les poussées électorales sont a droite, droite dont les idées et les préoccupations ont le vent en poupe.

Comment alors expliquer que d’après les sondages, le candidat de gauche gagnera quelques quinzaine de point entre le premier et le deuxième tour.


Au premier tour, la gauche ne retrouve que son niveau ordinaire moyen, et même plutôt bas.

Quant aux gros bataillons supplétifs, ils sont constitués d’électeurs qui ne sont animés que de mobiles négatifs, généralement étriqués. En fait, il s’agit pour eux d’abattre un homme Nicolas Sarkozy.

Généralement, ils ne donnent pas de raisons précises à leur hostilité, ils se contentent de ricaner ou de lever les yeux au ciel au seul nom de l’ennemi détesté, comme si son indignité était à tel point évidente qu’elle rend inutile, et même déplacée, toute espèce d’argumentation.

Si on les pousse dans leurs retranchements, la plupart des raisons invoquées ont leur source en 2007, dans les premiers mois du mandat présidentiel, et ce sont presque toujours les mêmes griefs : le Fouquet’s, le yacht de Bolloré, quelques propos peu académiques et l’ouverture à gauche.


Ce qui frappe, c’est la légèreté, pour ne pas dire la futilité, de ces griefs, leur caractère recuit et leur myopie pathologique, qui conduit à concentrer les tirs sur une seule cible, sans la resituer dans l’ensemble du paysage politique et en se refusant à envisager toutes les conséquences pratiques au cas où cette cible serait abattue.

Les tenants de cette espèce de snobisme politique sont en généra fort contents d’eux-mêmes et regardent avec condescendance l’électeur de droite moyen qui sait que le pire pour la France serait le retour de la gauche au pouvoir et qui prend tout simplement les moyens de l’éviter.

Ces nouveaux snobs, ces petits malins de droite ou du centre, ne s’avisent pas qu’ils se rangent plutôt dans la catégorie la moins recommandable, celle de ceux que Pascal appelle les demi-habiles (c’est-à-dire les demi-intelligents), qui ont l’esprit trop tordu pour s’en tenir à la rectitude du bon sens, et trop superficiel pour approfondir les questions jusqu’au point de retrouver la simplicité première.

A plus tard, pour mesurer les dégâts immédiats et irréversibles dans l’hypothèse de l’accession de la gauche au pouvoir.