L’ETAT PEUT-IL ENCORE GERER SON BUDGET

Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. (Proverbe chinois)

Crise financière

La crise mondiale a vu trois phases se succéder : une crise financière, une crise économique, une crise des finances publiques. A chaque étape de cette crise, les États ont su réagir par une approche coopérative au niveau international, et en particulier européen.

Un enchaînement fatal menaçait de reproduire la grande crise de 1929 ; On sait que sans cette crise de 1929 il n’y aurait sans doute eu ni Hitler, ni prise de pouvoir par les militaires japonais, ni Seconde guerre mondiale.

La crise de 2008 aurait pu faire basculer le monde dans un tel scénario catastrophe. Mais le keynésianisme est passé par là, et les leçons de l’histoire ont été retenues. Les États ont réagi non pas en se repliant sur eux, mais en refusant le protectionnisme et en coopérant. Les Européens, sous le leadership de la présidence française ont su se concerter (sommet de la zone euro, sommet des pays européens du G7, deux Conseils européens consacrés à la crise) et préparer au mieux le sommet du G20 à Washington (15 novembre), qui a débouché sur une réaction commune.

Crise économique et sociale

La crise financière s’est pourtant propagée à l’économie réelle à la vitesse du feu. A la fin 2008 et au début 2009, la production industrielle s’effondrait à des rythmes comparables à la crise de 1929 (moins 25, voire moins 50 %). Face à cette situation, les États ont là aussi réagi par des mesures coopératives ; Grâce à cette action coopérative, la récession a finalement été limitée. Le PIB mondial n’a chuté que de 1 % sur toute l’année 2009. Des pays exportateurs comme l’Allemagne et le Japon ont subi une grave récession (- 5 %). D’une façon générale, l’Europe (à la notable exception de la Pologne) a subi une importante crise économique (la plus sévère depuis la Seconde guerre mondiale : – 4 %). Les pays Baltes, l’Irlande, l’Espagne, ont vu leur taux de chômage se dégrader dangereusement vers les 20 % (contre 10 % dans la moyenne de l’UE). Une crise sociale, conséquence de la crise économique, alourdit aujourd’hui le climat dans toute l’Europe, malgré le retour à la croissance, plus timide qu’ailleurs

Crise des finances publiques et de l’euro

C’est dans ce contexte général difficile pour l’Europe qu’est survenue la crise des finances publiques et de l’euro. Les prêts à l’économie, les mesures de relance budgétaire, et la diminution des recettes fiscales due à la crise, ont dégradé dangereusement la situation des finances publiques. La France, par exemple, a terminé l’année 2009 avec un déficit budgétaire de 8 % du PIB et sa dette publique a dépassé le seuil de 80 % (les règles du pacte de stabilité budgétaire prévoyant respectivement 3 et 60 %).

Tous les États développés sont concernés par cette dérive brutale de l’endettement public, et sont confrontés à une situation très difficile ,mais les pays nordiques, plus rigoureux dans la gestion de leurs finances (cf. l’Allemagne, qui a inscrit la limitation de son déficit budgétaire dans sa « loi fondamentale », ou le Royaume-Uni), et la Commission européenne, qui s’appuie sur les traités, ont rapidement insisté sur la discipline budgétaire qui fonde le pacte de la monnaie unique. Tous les États de l’UE ont dû ainsi s’engager à revenir dans les clous du pacte de stabilité à l’horizon 2013.

Si la crise des dettes souveraines concerne tous les États développés, il s’y est ajouté une crise spécifique à la zone euro. La cohésion de l’union monétaire est mise à l’épreuve à cause de certains pays fragilisés par la dérive des comptes publics (dette et déficit élevés) autant que par leur mauvaise santé économique (retards de compétitivité, déficit commercial). Les marchés financiers les appellent les « PIGS » (Portugal, Grèce, S pour Spain, et I pour Irlande plutôt que pour Italie, bien que celle-ci soit aussi observée avec inquiétude).

Solidarité ou exclusion ?

L’approche « communautaire » propre aux peuples germaniques (Allemands, Autrichiens, Néerlandais, Flamands, Suédois…) affirme que l’appartenance au groupe est conditionnée au respect de la règle, et quiconque ne la respecte pas (par exemple la Grèce) s’exclut de lui-même.

A l’inverse, la Grèce puis d’autres pays fragilisés ont demandé que leurs efforts de redressement soient accompagnés de la solidarité des Européens, en particulier pour emprunter à des conditions plus décentes que les taux extravagants exigés par les marchés paniqués – qui tendent à enfoncer les pays fragilisés au moment où on cherche à les sauver. Ils ont été soutenus entre autres par la France, l’Espagne et l’Italie. C’est l’Europe solidaire, méditerranéenne, latine, égalitaire, inclusive, contre l’Europe nordique, qui croit à la vertu, à la règle et à la compétition. Mais pour être tout à fait objectif dans ce débat sur la solidarité, il faut préciser que ces pays ont été substantiellement aidés, depuis une bonne vingtaine d’années, par le budget communautaire : alors que la France et l’Allemagne sont des « contributeurs nets » à l’Union, la Grèce notamment a été « bénéficiaire nette » (à travers les aides agricoles et régionales) à hauteur de 2 à 3 % de son revenu national brut annuel (solde positif de 6 milliards d’euros en 2008, et encore 3 milliards en 2009).

Il ne fait pas de doute qu’en matière de politiques économiques ou financieres les Etats ont pour le moment perdu leur souveraineté.

Les députés espagnols ont examiné une réforme constitutionnelle destinée à limiter les déficits budgétaires. C’est le premier pays de l’euro groupe à instaurer une telle « règle d’or » à la demande de la France et de l’Allemagne.

Les députés espagnols ont approuvé l’examen d’une réforme constitutionnelle controversée destinée à garantir la stabilité budgétaire, la fameuse « règle d’or » réclamée par Paris et Berlin, dans un effort pour rassurer les marchés, en pleine crise de la zone euro.

Réunis en session extraordinaire, les membres de la chambre basse ont voté à une écrasante majorité (319 voix pour, 17 contre) en faveur d’un examen en urgence de la réforme, avant la dissolution du Parlement le 27 septembre, en prévision des élections législatives anticipées du 20 novembre.

L’approbation du texte, qui vise à inclure dans la Constitution le principe d’une limite du déficit public, est quasi-assurée, le Parti socialiste au pouvoir (PSOE) et le principal parti d’opposition de droite, le Parti Populaire (PP), ayant noué un accord en ce sens.

Pour Madrid, la réforme, qui s’accompagne d’une loi organique (votée d’ici juin 2012) incluant une limite chiffrée à 0,4% du PIB, doit servir de vaccin face à des marchés financiers toujours sceptiques sur la solidité du pays.

Il n’y a pas de meilleure manière de dissiper les incertitudes qu’en élevant au rang institutionnel le principe de stabilité budgétaire pour affirmer au monde entier une réalité claire: nous sommes un pays qui rembourse ses dettes, et il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet », a martelé le porte-parole du groupe socialiste, José Antonio Alonso. « L’équilibre budgétaire n’est plus une option, c’est un devoir public, c’est une obligation constitutionnelle », a renchéri son homologue du PP, Soraya Saenz de Santamaria.

Ce petit historique de ce qui s’est passé en Espagne est significatif, par rapport à la situation Française.

Dans notre pays un consensus droite-gauche sur les questions fondamentales n’est jamais possible. On casse les pieds aux électeurs pour la constitution d’un « front, Républicain » chaque foi que le FN prend un peu d’ampleur aux élections, mais sur des questions fondamentales et vitales comme l’avenir économique et financier de notre pays le consensus, est dramatiquement irréalisable.

La France demande aux autres ce qu’elle est incapble de mettre en place elle-même.

Voilà ce que l’on entend et que l’on écrit :

« L’Elysée entend profiter de la crise financière pour contraindre le PS à voter la « règle d’or » budgétaire ».

Manuel Valls trublion du PS s’est démarqué des autres responsables socialistes, qui ont indiqué qu’ils ne voteraient pas cette réforme, dénonçant une « opération de communication » du chef de l’Etat sur le sujet.


Le candidat Valls a tout de même conclu avec une charge en règle dirigée contre l’Elysée: « Le président de la République, qui a dilapidé les finances publiques, veut à quelques mois de l’élection présidentielle, apparaître comme celui qui est capable d’imposer cette règle d’or (…) (et) piéger le Parti socialiste ».

Pour des arguments de fond, voilà des arguments de fond, voilà des raisons qui ont de quoi rassurer la finance internationale, qui ont de quoi donner une crédibilité aux responsables politiques de la gauche de notre pays, qui ont toutes les peines du monde à s’émanciper de leur réputation dépensière.

S’il faut reprocher quelque chose aux gouvernants de notre pays qui ont conduit la politique de la France depuis Mars 2006, c’est de ne pas être allé au fond des réformes et des actions que le candidat SARKOZY avait proposé pendant sa campagne ; notamment sur la réduction des dépenses publiques,


Les ministres des finances successifs, depuis des décennies établissent leur budget sur des prévisions de taux de croissance de 2 à 2,5% l’an.

Chaque année depuis des décennies, on se « plante » hypocritement sur ces prévisions de croissance, et de ce fait les déficits budgétaires s’accumulent, réclamant inévitablement à l’état de trouver des recettes pour boucler le budget.

Fini le temps ou on pouvait financer les déficits en faisant fonctionner la planche à billet ; La banque de France ne joue qu’un rôle mineur concernant les finances de notre pays et la BCE elle, a quasiment un statut indépendant qui impose aux états de rendre des comptes pour bénéficier de fonds supplémentaires ;

Pour ce qui concerne un pays inscrire la règle d’or dans la constitution ne consiste pas comme on a pu le dire à empêcher un Etat d’avoir recours à l’emprunt, pour financer son développement ;

Il faut rompre avec 30 ans de laxisme budgétaire.

Ce qui est dramatique, c’est que l’état ai recours a l’emprunt pour financer son fonctionnement ; car chaque citoyen s’intéressant aux finances publique sait qu’il existe deux sections dans un budget : La part fonctionnement ou dépenses courantes et la part investissements et équipements ; . Financer son développement c’est favoriser des équipements, ce n’est pas financer des déficits (sécurité sociales, retraite, santé etc.).

Pour cela l’état doit décider des recettes : sur le sujet des retraites et les budgets sociaux par exemple,je pense qu’il n’aurait pas été scandaleux de demander une participation de 10 euros par mois pour les pensions de retraites supérieures à 1500 euros mensuels. Il permettrait de financer une part du déficit du régime et d’améliorer le montant des minima de retraites actuel.

Le rapport actif retraité se resserre aujourd’hui (17,6 millions de cotisants pour 12,2 millions de retraites soit un rapport de 1,44 en 2009 rapport qui était de 2,21 en 1985) et même si on est attaché au principe de la répartition il ne serait pas scandaleux que les retraités mettent la main à la poche…

Voter la règle d’or c’est le meilleur garde fou de long terme contre la dette. Rendre inconstitutionnelle la dette, c’est lancer une nouvelle ère de vertu budgétaire.

Voter la règle d’or c’est le meilleur moyen pour le politique de reprendre la main sur la finance. Un Etat qui se désendette est un Etat qui échappe à la pression des marchés

Voter la règle d’or, c’est salutaire envers les contribuables (la dette d’aujourd’hui, sont les impôts de demain !) et impératif envers nos enfants : qui voudrait leur réserver un avenir hypothéqué par les dettes de leurs parents ?

Voter la règle d’or c’est donner l’exemple en Europe et respecter nos engagements de rigueur envers nos partenaires européens, à commencer par l’Allemagne.

Voter la règle d’or c’est répondre aux attentes des Français dont 54% disent que la dette « est un problème très grave qu’il faut traiter sans attendre quitte à prendre des mesures douloureuses et difficiles » (sondage Ifop d’août 2011)

Mieux vaut tard que jamais…

Voter la règle d’or c’est avoir la volonté ferme et intangible de l’appliquer, et de sortir de la spirale infernale qui nous conduira irrémédiablement au chaos économique.

Cette règle dite « d’or » aurait dû être inscrite depuis bien longtemps dans la constitution ; en prenant garde que la loi ne soit seulement incantatoire comme certaines modifications constitutionnelles le deviennent aussi.


À cet égard, la comparaison avec l’Allemagne n’a aucun sens. En Allemagne, la règle de droit est un impératif dont il n’est pas question qu’elle ne soit pas respectée.

C’est aussi a mon avis le désir de vouloir échapper aux dictats d’une pratique économique « FMIste » « mondialiste » ultralibérale, qui entrainera un fonctionnement de la société à la « Mad Max » ;

C’est également éviter cette aberration solidaire qui consiste à venir en aide à un pays encore plus endette que soi, et creuser ainsi la fosse commune des gestions financières démagogiques qui entraineront notre disparition. (GRECE).

Le drame c’est qu’en fin de course ce sont les citoyens lambda qui trinquent pour des gestions qui nous sont imposées.

Quand le torchon brule et que l’Europe nous rappelle à nos devoirs, quand on constate que pour 2011 le budget se clôturera encore avec un déséquilibre inquiétant, 85 milliards en 2011 contre 83 milliards fin juillet 2010 de déficit.

-Mais s’il manque 150 milliards de recettes cette année, ceci s’explique par les 30 milliards du grand emprunt, mais surtout pour l’absence de bénéfice des entreprises l’année précédente et donc le manque à gagner de 73 milliards que seules les PME françaises payent au fisc, (les grandes entreprises dont le capital a été ouvert par Fabius dès 1983, ne payent plus d’impôt sur les bénéfices en FRANCE.


Cette évasion fiscale légale car les holdings qui font de nos entreprises nationales de simples filiales payent ce type d’impôt à l’étranger à des taux de 6 à 10% et non 33% imposés en FRANCE)


Cette perte organisée est estimée à plus de 27 milliards chaque année depuis près de 30 ans, merci Fabius au passage. (il esrt donc curieux d’entendre le président de la commission des finances de l’assemblée nationale ( socialiste) nous dire qu’il soit anormal que la politique de la FRANCE soit tributaire du monde de la finance, oubliant au passage les raisons imputable saux socialistes eux mêmes. Bref cela méritait d’être indiqué.-

Quand les boursiers et les spéculateurs se manifestent, on s’agite et on décide en 10 jours un train de mesures visant a créer des ressources complémentaires pour les futurs budgets, mais pas forcement pour économiser…Par contre rien et désespérément rien sur le train de vie des élus de la nation (députés et sénateurs) ou des membres du gouvernement…

On décide tellement vite de certaines dispositions, qu’il faut pour le gouvernement se « désavouer » et revenir à la hâte sur les annonces faites. Bonjour la crédibilité et l’efficacité.

Si on veut que les Etats et les politiques reprennent la main sur les financiers, il faut impérativement adopter des positions claires et saines sur la façon de gérer nos budgets.

Ce n’est pas facile dans pays en situation préélectorale quasiment en permanence, ou les politiques refusent de « contrarier les électeurs ;

Ce n’est pas facile non plus dans un pays qui a ,relativement récemment, transféré beaucoup de compétences aux collectivités territoriales;

Ce n’est pas non plus dans les trente propopositions du projet du Parti Socialiste pour 2012 que viendra le salut…

C’est un programme de redistribution qui, dans la conjoncture actuelle ne sera pas applicable.

Les mois qui arrivent verront irrémédiablement des coupes très dures dans nos dépenses, or ces dernières sont essentiellement de nature sociales.


Attendons donc peut etre de nouvelles propositions crédibles du PS qui se retrouve devant une nouvelle donne qui impose des choix douloureux.


pas de nouvelle distribution mais des réductions drastiques dans les dépenses.

Mais que peut-on attendre d’un parti qui refuse « la règle d’or »…

PARI GAGNE !!!

Dans mon billet du 20 juin dernier intitulé « LE DEPUTE PEREZ ENTOURE OU ENCADRE » je concluai en pariant sur le soutien de notre député à Martine AUBRY.

« Les jeux sont faits rien ne va plus » c’est ….gagné; Jean-Claude a confié au Magazine son choix en ces termes.

 » : regarder la France telle qu’elle est dans cette période exceptionnelle et se poser quelques questions. Qui peut remporter cette primaire sans fracturer le parti socialiste dont l’unité sera un instrument de la victoire aux présidentielles ? Qui sera capable de rassembler la gauche en préférant l’harmonie de projet à l’hégémonie de parti ? Qui aura la force d’affronter Sarkozy et la machine de guerre présidentielle qui va se mettre en mouvement ? Qui saura prendre les décisions importantes, notamment dans les cent premiers jours, pour installer une présidence sociale ?

Ma réponse, c’est Martine Aubry, parce que Martine Aubry est une femme solide ! »

Léger , léger l’argumentaire de notre cher Député Maire me semble -t-il car je pense que Martine s’aime plus qu’elle n’aime la France, que ses actions relèvent plus de l’idéologie partisane, enfermée qu’elle est dans un parti sans programme et sans réalisme.

Pour moi le meilleur candidat de gauche se serait celui qui allierait l’intelligence et le recul de Hollande, la lucidité et la pertinence de Valls, et le « gnac » de Montebourg ,… C’est pas gagné.